Quand nous nous sommes promises de ne jamais être des femmes victimes,
Nous voulions être libres,
Libres de nos choix, libres dans nos envies,
Autonomes et émancipées.
Rêve d'indépendance,
Aujourd'hui, ils t'ont soumise à leurs désirs,
Comment as-tu pu aussi facilement te résigner ?
Dans mon c½ur tu restes ma s½ur,
Et pourtant ce que je vois de toi n'est pas conforme à la fille conquérante et libre que j'ai connue.
Ils t'ont modelée comme ils voulaient,
Tes beaux cheveux noirs sont devenus clairs,
Ta peau blanche s'est tintée,
Tes formes généreuses se sont estompées,
Ta poitrine volumineuse t'a coûté.
Parce que c'est la société, tu as succombé à cette volonté,
La volonté qui te veut presque nue dans la rue,
Tu respectes la tendance du moment sans réfléchir à ta propre satisfaction.
Et pourtant tu continues à certifier que tu as gagné ta liberté,
Et chaque fois que tu me vois, tu me demandes de m'affirmer,
Te voudrais que je sois fière de me montrer, tu me conseilles de m'extérioriser.
Pour toi, je vie dans la gêne,
Pour moi, tu es pauvre dans tes apparats de reine.
Ma prospérité, je ne l'ai pas trouvé dans les fastes des magazines,
Ma somptuosité, je la gagne dans ma foi et le dénuement de mon vêtement.
Là où tu ne vois que mon avilissement, je m'épanouie,
Là où je ne vois que ta déchéance, tu considères ta prospérité.
Tout nous sépare aujourd'hui,
et pourtant dans mon c½ur,
Tu es toujours ma s½ur.